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Je vous livre ici deux poèmes de jeunesse qui ont été primés lors de concours de poésie. L'un d'eux a été publié dans un recueil collectif. - 1er prix de Poésie - Rédaction du concours Francofortissimes, organisé dans le cadre du sixième sommet de la francophonie qui a eu lieu à Cotonou en 1995. La francophonie, c'est cet humanisme intégral qui se tisse autour de la terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui s'éveillent à leurs chaleurs complémentaires.
Léopold Sédar Senghor. Donne-moi ta main Les rayons de miel du soleil Tissent au ciel une robe d'aurore Ornée de pétales roses et brodée d'or. D'Europe en Asie, D'Asie en Afrique, D'Afrique en Amérique Et d'Amérique en Océanie, Tous les peuples s'éveillent A cette même lueur. Ô comme il m'est doux de voir Le chant des pilons, Les effluves épicés, Les fruits savoureux, La ouate des montagnes, Le saut des kangourous, Former une même étoffe multicolore ! Ô mon frère ! Que m'importe que tu pries dans une mosquée Ou devant Bouddha ; Que tu te purifies dans le Gange Ou dans le baptême, Puisque nous sommes du même pays, Celui de cette langue si jolie... Que m'importe que tu sois riche ou pauvre, Noir ou Blanc, Puisque nos bras sont puissants de la même force ! Donne - moi ta main Et nous construirons une forteresse d'amour et de paix, Née de notre patrie commune : la Francophonie.
Cotonou, juin 1995. - Le Poéme suivant a été sélectionné pour l'édition d'un recueil collectif, " Le grain, le cœur et le mot ", édité par le CIRAD et les Editions Feu de Brousse, à la suite d'un concours sur le thème " Culture et nourriture en Afrique ". Les arômes du cœurLe maïs et les cacahuètes grillent Dans le crépitement des étoiles du charbon Et les effluves de notre enfance Nous ramènent Dans les champs Où les épis rient de leurs dents d'or ! Où le manioc surgit des entrailles Flamboyantes de la latérite ! Le tam - tam des pilons nous appelle Et dans les mortiers, Petits frères nus au dos, Nous faisons danser L'igname qui chante avec nous ! Le tam - tam des pilons fait battre Le cœur de l'Afrique ! Les doigts gourmands Plongés dans le même bol de Pâte brûlante, C'est la chaleur des parents, des amis Qui réjouit nos ventres ! Et les après - midi dans les manguiers ? J'entends encore nos rires Noyés dans le jus et la pulpe Couleur de soleil Couleur d'aurore Qui allument la joie sur le palais Dans la gorge ! Et la chair immaculée des cocos, Hosties partagées En regardant rentrer les pêcheurs ! Les filets aux mailles desquels S'accrochent Telles des breloques d'argent Des poissons frétillants ! Les délicieuses fritures marines Craquent sous la dent Comme la vie ! Et au plus secret de la nuit, A l'heure bleue où Les contes réunissent Autour du baobab Tous les enfants noirs On déguste Dans un silence recueilli Le maïs et les cacahuètes grillées.
Cotonou, 1996.
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